Adolphe Quetelet

Lambert Adolphe Jacques Quetelet (22 février 1796 – 1874) était un astronome belge, statisticien et sociologue. Il a fondé et dirigé l’observatoire bruxellois et a influencé l’introduction des méthodes statistiques dans les sciences sociales. Certaines sources de langue française donnent son nom de famille comme Quetelet, sans accent.

Quetelet a reçu un doctorat en mathématiques en 1819 de l’Université de Gand. Peu de temps après, le jeune homme se mit à convaincre des responsables gouvernementaux et des donateurs privés de construire un observatoire astronomique à Bruxelles; il a réussi en 1828.

La nouvelle science des probabilités et des statistiques a été principalement utilisée en astronomie à l’époque pour maîtriser les erreurs de mesure avec la méthode des moindres carrés. Quetelet fut l’un des premiers à tenter de l’appliquer aux sciences sociales en planifiant ce qu’il appelait une «physique sociale». Il était profondément conscient de la complexité écrasante des phénomènes sociaux et des nombreuses variables à mesurer. Son but était de comprendre les lois statistiques sous-jacentes à des phénomènes tels que les taux de criminalité, les taux de mariage ou les taux de suicide. Il voulait expliquer les valeurs de ces variables par d’autres facteurs sociaux. Ces idées étaient plutôt controversées parmi d’autres scientifiques de l’époque qui soutenaient qu’elle contredisait un concept de liberté de choix.

Son livre le plus influent fut Sur l’homme et le développement des facultés, Essai de physique sociale, publié en 1835 (traduction anglaise, Traité sur l’homme). Il décrit le projet de physique sociale et décrit son concept de «l’homme moyen» qui se caractérise par les valeurs moyennes des variables mesurées qui suivent une distribution normale. Il a recueilli des données sur de nombreuses variables de ce type.

Parmi les principaux facteurs d’influence sur les agendas ultérieurs en matière de santé publique, il y a l’établissement par Quetelet d’une mesure simple pour classer le poids des personnes par rapport à un poids idéal pour leur taille. Sa proposition, l’indice de masse corporelle, a subi de légères variations jusqu’à nos jours. Il reste la seule matière première largement reconnue pour les statistiques de l’obésité et les discussions politiques qui s’y rapportent.

Quetelet a également fondé plusieurs revues et sociétés statistiques et s’est particulièrement intéressé à la création d’une coopération internationale entre statisticiens.